e-bike2station : témoignage de Daniel
Benoit Coumont  •  13 décembre 2012

-
e-bike2station, c’est 16 navetteurs qui, durant un an, échangent leur voiture contre un vélo pour leurs trajets domicile-gare.

Daniel vit à 7km de la gare d’Ottignies.

Jouissif. Je sais. Cela fait un peu publicité racoleuse pour vanter un quelconque objet dont vous n’avez pas besoin. Mais, je maintiens. Et je dirais même plus : jou-i-ssif. En tout bien tout honneur, s’entend. Et surtout en toute liberté. "Het is gewoon de max", diraient mes collègues du nord. Ces mots rendent bien ces premières semaines en tant que cobaye de longue durée pour ce projet de e-bike to station, ou, pour le dire en bon français, de "Je vais à la gare en vélo", et puis en train au boulot.

Je m’y suis lancé à vrai dire par hasard, et puis, par défi aussi, suite à ce petit flyer retrouvé sur le pare-brise de ma voiture au parking de la gare d’Ottignies une fin d’après midi du mois de mars. Un an en vélo à assistance électrique. Du matériel à côté - sac, casque, chasuble, cadenas - et une petite formation somme toute bien utile : pour se rappeler comment rouler à vélo en sécurité parmi les automobilistes quotidiens que nous étions, devenus maintenant, les 16 participants à ce projet, des cyclistes au quotidien. Juste en un coup de baguette magique : Abracadabra, et Gracq ! Et pour pas un sou en plus ; merci les sponsors. Oui, vous savez, notamment celui qui vous promet chaque semaine de vous rendre riche. Et bien pour ma part, je suis devenu riche, et même très riche de cette expérience. Au sens propre comme au sens figuré. Plus de parking à payer à la gare, bien moins d’essence pour ma veille carriole, et au final, peut-être, plus de voiture. Juste le vélo, mes jambes et puis, oui, la fée électricité. Aaaaah, la fée électricité. Je n’ai pas encore décidé, une fois terminée cette phase de recherche qui fait partie d’une stratégie à long terme financée essentiellement par les pouvoirs publics, si je m’offrirais cet engin électrique vraiment onéreux (comptez 2.500 à 2.750 euros équipement compris). Mais pour l’instant j’en profite. Parce que pour moi qui vais au boulot en costume-chemise-cravate, arriver frais le matin à la gare, c’est-à-dire sans transpiration, ce n’est pas un luxe. C’est une obligation de salut public envers mes collègues et co-navetteurs. Merci ma bonne fée, mille fois mercis. Et puis, dans les côtes et même sur le plat, c’est vraiment trop magique. Un petit couinement farfelu s’échappe de la roue avant motrice pour me rappeler que je ne vais pas à 25 à l’heure uniquement grâce à mes mollets de cycliste très amateur. A vrai dire, quand je croise d’autres cyclistes j’ai, je le confesse, ce-je-ne-sais-quel-sentiment-d’un-petit-bonheur-volé. Hihihi. Savoureux.

Et grâce à cette vitesse quelque peu factice, je n’ai dû avancer l’heure du réveil-matin que de 10 minutes, malgré les 7 kilomètres qui séparent ma maison de la gare. Mais c’est vraiment du temps gagné, pas perdu ! Du vrai bonheur, passé sur le vélo, à humer les odeurs, à sentir le vent caresser mes joues, à profiter des rayons du soleil, à regarder la nature que je ne voyais plus, et à croiser untel dont j’ignorais totalement qu’il avait, lui aussi, découvert les bienfaits tant psychiques que physiques du vélo. Et le soir, je me suis mis un point d’honneur à progressivement couper l’assistance de Clochette pour perdre quelques kilos superflus.

Par un autre sortilège, j’ai perdu en même temps, une fois arrivé chez moi, quasi tout stress du boulot. Zen. Parfois je rêve d’une multitude de vélos sur les routes, pour partager ce plaisir avec beaucoup, beaucoup d’autres ! Bon, bien sûr, nous sommes dans la "belle" saison et les grands froids auront peut-être raison de mon enthousiasme presque romanesque. D’ailleurs lors d’un gros orage l’autre soir, je ne suis pas rentré à vélo. Et certains automobilistes sont indélicats, c’est vrai (et d’autres très sympas). Lorsque je conduis mon fils de 8 ans à l’école, c’est encore et toujours en voiture (trop loin, trop long).

Enfin, ma batterie est tombée en panne et il a fallu 4 semaines pour la réparer. Donc, parfait le système ? Non. En attendant, maintenant le samedi aussi j’utilise mon vélo pour telle course ou telle activité. C’est toujours ça de pris. Et puis aussi de donné. A la nature. Et à nos enfants. A bientôt ? A vélo bien sûr !

Voir les autres témoignages