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EDITO - 2018 devra être une année utile pour l’environnement
Céline Tellier  •  25 janvier 2018  •  Mobilité  •  Biodiversité

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Comment se porte notre environnement en Wallonie ? Comment vont nos cours d’eau, nos sols, nos forêts ? Comment se portent oiseaux, papillons, libellules, reptiles, abeilles, dont la santé est déjà fragilisée par des décennies d’usages agricoles et privés de pesticides, ainsi qu’un territoire trop fragmenté ? L’air que nous respirons chaque jour est-il sain, s’améliore-t-il ? Et l’eau que nous buvons ? Prenons-nous soin de notre territoire ou continuons-nous à le gaspiller ? En bref, pouvons-nous être fiers, toutes et tous, du sort que nous réservons à notre maison commune ? Et si ce n’est pas le cas, quels sont les traitements (éventuellement de choc) qu’il conviendrait d’attribuer ?

Le nouveau rapport sur l’état de l’environnement wallon, présenté ce mardi à la presse et réalisé par l’administration wallonne [1], a décortiqué, à travers 164 fiches et 60 cartes, une série d’indicateurs permettant de qualifier l’état de santé de notre milieu. Véritable mine d’informations pour tout qui souhaite évaluer la situation de l’environnement en Wallonie et ses évolutions, ce rapport a bien entendu vivement intéressé l’équipe d’Inter-Environnement Wallonie. Celle-ci s’est donc lancée dans une première analyse [2] de ce document précieux, pour en dégager les enseignements principaux. Quels sont-ils ?

Tout d’abord, notons quelques encourageantes évolutions, notamment au niveau de la qualité de l’air, de la qualité de l’eau de consommation, de la gestion des déchets, et enfin du développement de l’agriculture biologique et de la consommation de ces produits par la population. L’attention sur ces évolutions encourageantes ne doit cependant pas être relâchée d’un iota car les risques de régression sont bien réels, notamment en ce qui concerne la qualité de l’air, dont le transport reste un facteur aggravant.

Ces lueurs d’espoir peinent pourtant à percer sur un fond franchement sombre dans trois domaines essentiels qui sont des indicateurs fondamentaux de notre mode de développement : l’artificialisation du territoire et sa fragmentation, le transport et la biodiversité.

Le territoire wallon apparaît, au fil des indicateurs présentés, toujours plus malmené. L’explosion des surfaces résidentielles, mais aussi des superficies dédiées aux usages industriels et artisanaux a abouti à une progression de près de 40% de l’artificialisation du sol en 30 ans, un rythme extrêmement préoccupant. Chaque année, ces sont 18 km² qui sont arrachés à la nature, l’équivalent de la commune de Rixensart ! IEW réitère son souhait de voir le Schéma de Développement Territorial, en tant que document faîtier, contribuer à inverser cette tendance, notamment en fixant des objectifs ambitieux de réduction de cette artificialisation.

Le transport, qui participe à cette artificialisation, poursuit sa course sans fin. Le secteur est responsable de près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre, en constante augmentation (+28% entre 1990 et 2014). Or, il convient de réduire la demande de mobilité, réaliser un transfert vers les modes les moins polluants et améliorer le bilan environnemental des véhicules. La Fédération souhaite notamment, pour endiguer cette problématique, un moratoire sur les augmentations de capacité du réseau routier et la traduction rapide de la vision FAST 2030 approuvée par le Gouvernement en un plan d’action concret.

Côté biodiversité, le tableau est noir : neuf habitats Natura 2000 sur 10 sont dégradés, plus d’un tiers des espèces monitorées sont en danger d’extinction (en particulier, les papillons, libellules, reptiles et poissons). Le déclin des oiseaux communs se poursuit (-50% en 25 ans !). Il est urgent de réactiver la création de réserves naturelles mais aussi de réduire l’usage des pesticides destructeurs !

A travers ces trois secteurs, c’est in fine notre mode de développement qui est montré du doigt et doit être remis en cause.

Avec son Rapport sur l’Etat de l’environnement, la Wallonie dispose d’un outil de diagnostic rigoureux, qu’elle gagnerait à utiliser concrètement pour penser et mettre en œuvre son redéploiement. Car le succès de notre région ne pourra se réaliser sans un environnement de qualité et une santé assurée pour tous les habitants de Wallonie.

Ces constats en tête, que nous promet 2018 ? Un traitement de choc tel qu’il le faudrait bien ? Ou un pansement fragile sur une plaie béante ?

Pour le savoir, nous avons fait le point sur les perspectives politiques de cette année 2018. A travers l’analyse des notes d’orientations présentées par chaque Ministre devant les Parlementaires fin 2017, mais aussi des budgets associés à ces intentions ministérielles, cette nIEWs spéciale dresse les principaux chantiers envisagés par le Gouvernement pour refaire une santé à notre environnement qui, on le voit, en a bien besoin. Les dossiers relatifs à l’énergie, l’aménagement du territoire, la mobilité, le tourisme, les déchets et l’alimentation vous sont présentés dans cette nIEWs.

Même si résonnent déjà les premiers échauffements pré-électoraux, le Gouvernement wallon ne pourra s’offrir le luxe de demi-mesures en matière environnementale. 2018 devra être une année utile ! Voilà la principale résolution que nous souhaitons voir prise par nos responsables politiques. Belle année à toutes et tous !


[1Direction de l’Etat environnemental, Département de l’étude du milieu naturel et agricole.

[2Vous trouverez l’analyse plus détaillée d’IEW ici



 
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