Une zone 30, c’est bien. Une ville 30, c’est mieux !
Juliette Walckiers  •  6 avril 2011  •  Mobilité

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La Région a donné son feu vert : toutes les rues de la Corbeille de Namur vont passer en zone 30 km/h, à l’exception des boulevards périphériques. Une première en Wallonie qui mérite d’être soulignée !

La limitation de la vitesse à 30 km/h regorge d’effets positifs : moins de bruit et moins de polluants locaux pour les riverains, moins de CO2 dans l’atmosphère, moins de danger pour les cyclistes et les piétons et plus de fluidité et de convivialité pour tous !

Diminuer la vitesse des voitures, c’est d’abord diminuer leur consommation de carburant et, par là-même, la facture énergétique et environnementale. Les besoins énergétiques d’une voiture dépendent essentiellement de deux facteurs : le poids du véhicule et la vitesse à laquelle il circule. Les émissions de CO2, les pollutions atmosphériques (monoxyde de carbone, composés organiques volatiles, oxyde d’azote) et sonores diminuent corrélativement à la réduction de la vitesse du véhicule [1]

Diminuer la vitesse des voitures en agglomération, c’est aussi rendre de la place aux autres utilisateurs de l’espace public.

En cas d’accident, la gravité des blessures augmente au carré de la vitesse du véhicule, si la vitesse double, l’énergie cinétique quadruple ! Si un piéton est renversé par une voiture qui roule à 50 km/h, ses chances de survie ne dépassent pas 30 pour cent. Elles sont de 90 pour cent si la collision se produit à 30 km/h [2].

Généraliser cette limitation à l’ensemble d’une agglomération assure une meilleure lisibilité de la réglementation, anéantit les coûts de mise en œuvre (même plus besoin de panneaux) et évite les trajets avec une vitesse en dent de scie, davantage consommateurs de carburant. Sans pour autant augmenter sensiblement les temps de parcours : en milieu dense, le 50 km/h n’est pas atteint systématiquement. La vitesse moyenne n’est finalement que de 18.9 km/h. Si l’on passe à une limite à 30 km/h, on supprime simplement les pointes et on met 18 secondes de plus, ce qui donne une vitesse moyenne de 17.3 km/h. On peut donc dire qu’en théorie une baisse de 40 % de la limitation de vitesse en ville entraîne une baisse de 10% de la vitesse moyenne et une hausse de 10% du temps de parcours [3] .

Le GRACQ, association des cyclistes quotidiens en Wallonie, mènera prochainement une campagne destinée à porter au débat public l’idée d’une « Ville 30 » où la norme serait celle des 30km/h en agglomération (en dehors des axes de transit automobile). La Fédération soutiendra cette campagne.


[1Garnis, L., « Essai d’estimation d’une vitesse optimale pour les véhicules légers sur le réseau interurbain français », Les Cahiers scientifiques du Transport, n°46, 2004, pp. 63-95.

[2ATE (Association Transport et Environnement), Michael Rytz et Christine Steinmann, « Le 30 km/h dans les traversées de localités », septembre 2010