10 ans de lutte anti-pub dans le métro parisien
Fil d’infos  •  16 octobre 2013

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Sous le titre : "Pub dans le métro : et vous supportez cette propagande libérale ?", Sami Battikh, journaliste fait le point sur 10 années de lutte contre l’agression publicitaire dans le métro parisien. Résultats pour le moins mitigé... Mais la lutte ne s’est jamais arrêtée !!

Une tribune publiée sur le site RUE89.

Le 17 octobre 2003, près de 300 Parisiens investissent le métro pour une action antipub de grande ampleur. Munis de pots de peinture, de marqueurs et de bombes, ils recouvrent de slogans et de dessins plus de 2 000 affiches.

Trois autres actions de ce type sont organisées dans les semaines suivantes, la plus grande regroupant plus de 1 000 activistes. Au total, 9 000 affiches sont barbouillées en quelques semaines.

« Le public lui-même se soumet »

J’ai rejoint le mouvement au cours du deuxième rendez-vous, le 7 novembre.

La vingtaine tout juste derrière moi, je n’avais jusqu’alors que très peu réfléchi à l’impact de la publicité. Ma génération « Club Dorothée » fut aussi celle de « Culture Pub », des campagnes Benetton et de la Nuit des publivores. J’ai grandi avec l’image d’une publicité créative et « sympa ». Mais en descendant dans les sous-sols du métro parisien, en dégradant les affiches, en discutant avec les autres activistes présents, ma vision change radicalement et définitivement.

En 1997, dans Le Monde de l’éducation, l’académicien Michel Serres dénonce « la marée hurlante des affiches les plus horribles » et s’étonne :

« Le public lui-même se soumet et ne fomente jamais de réunion ni de forme de foule en proie à une ire prophétique pour détruire et brûler ces panneaux honteux et leurs auteurs au milieu. »

Bien avant les Indignés et Anonymous

Cinq ans plus tard, la destruction semble s’amorcer. Des citoyens décident de détruire par milliers ces publicités qui leur sont imposées quotidiennement.

D’emblée, le mouvement me surprend par son fonctionnement totalement horizontal et décentralisé. Né dans le sillage de la Coordination nationale des intermittents, Stopub échappe très rapidement à ses initiateurs : le projet fonctionne par appels anonymes, par chaînes de SMS et d’e-mails, par décisions collectives nées d’initiatives personnelles et anonymes.

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Crédit photographique : Action antipub dans le métro parisien en 2003 (Sami Battikh)