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Les particules fines également toxiques pour le cerveau ?
Fil d’infos  •  20 avril 2015  •  Transport routier  •  Air  •  Cancer  •  Santé environnement

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Les effets des sur les voies respiratoires et leur implication dans les accidents cardio-vasculaires sont connus. Leurs conséquences sur le cerveau commencent à être étudiées. Selon des scientifiques, la hausse des symptômes anxieux pourrait bien en résulter .
Les particules fines mesurant moins de 10 micromètres (µm) de diamètre sont classées « ?cancérigènes certains ? » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Et plus fines elles sont, plus toxiques elles deviennent dans l’organisme. Ces Particulate Matters (PM ou « matières particulaires ») émises par le trafic routier et les industries se déposent dans l’appareil respiratoire ? où elles induisent un stress oxydant avec, à la clé, une réponse inflammatoire. Elles aggravent dans la foulée les bronchites chroniques et autres insuffisances respiratoires en maintenant l’inflammation. Une augmentation des concentrations de PM10 modifie aussi, à court terme, les paramètres sanguins, perturbations attribuées à l’inflammation systémique (de l’ensemble de l’organisme) que ces PM induisent. D’où des accidents cardio-vasculaires plus fréquents lors des pics de pollution.

Si ces effets sont connus, la hausse de l’anxiété, souvent rapportée, était imputée jusqu’ici à l’aggravation de symptômes cliniques chez des malades chroniques. Or, une étude de Melinda Power (Université Johns Hopkins, Baltimore) fait partie de travaux émergents qui pointent des effets délétères des particules fines sur l’état psychique, en l’occurrence les symptômes d’anxiété.

En croisant les données des symptômes anxieux (attaques de panique, peur de sortir de chez soi, d’être gravement malade, etc.) rapportés dans un questionnaire par plus de 70 ?000 infirmières [1] avec es mesures disponibles de leur exposition aux particules fines (PM10 et PM2,5), les résultats sont concluants, l’exposition aux PM2,5 (et non aux PM10) est corrélée à une forte hausse de l’anxiété chez les plus exposées.

L’exemple du rat

Les auteurs de l’étude en appellent à l’implémentation de nouvelles recherches et, le cas échéant, l’adoption d’une réglementation intégrant ces nouvelles données.

La toxicité des particules fines de moins de 2,5 microns - comme celle des nanoparticules - au niveau du cerveau a d’ores et déjà été démontrée sur des modèles animaux mais les scientifiques restent prudents quant à une extrapolation à l’Homme. A partir des alvéoles bronchiques, ces PM2,5 peuvent entrer dans la circulation sanguine et rejoindre le cerveau. « Un consensus se fait jour », notait déjà la revue “Pollution atmosphérique” en 2012, « sur le fait que certaines particules, sans doute en fonction de leurs propriétés (taille, nature), peuvent franchir ces barrières (…) ; l’accumulation même faible trouvée dans le cerveau après inhalation chez le rat avec des particules modèles pose la question du franchissement de la barrière hémato-encéphalique (qui protège le cerveau des toxiques ).? ? »

Ces particules transportent plusieurs familles de polluants comme le plomb, les PCB, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le black carbon (BC), tous classés cancérigènes, mutagènes, voire tératogènes (provoquant des défauts physiques sur le fœtus) et, en 2009, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail) concluait qu’il n’y a pas un seuil en dessous duquel les particules fines n’auraient pas d’impact et recommandait des actions de réduction de l’émission. Une urgence plus que jamais d’actualité.

Source : L’Humanité

Sur le même sujet, lire aussi : « La pollution de l’air génère des risques inacceptables pour la santé et l’environnement »


[170 ?000 personnes, issues de la cohorte américaine de 120 ?000 infirmières suivies depuis 1976, la Nurse Health Study



 
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