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Pairi-Daiza : le parc à la loupe
Hélène Ancion  •  17 novembre 2016  •  Aménagement du territoire  •  Tourisme vert

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Pour ouvrir le cycle 2016 des Mardis [tabous] du territoire, le parc animalier Pairi-Daiza s’est fait (gentiment) analyser sous toutes les coutures par IEW. L’examen portait sur trois aspects : Parcimonie, Paysage et Patrimoine. Une approche inédite qui a débouché sur des suggestions formulées vis-à-vis du parc et, au-delà, sur des pistes pour revivifier le secteur touristique de notre région.

Le support visuel de cette conférence est disponible ici.

Les Mardis [tabous] du territoire emmènent toujours hors-piste. Pour autant, le chemin emprunté ce 25 octobre explorait un site fort fréquenté. Pairi-Daiza, parc animalier établi en Hainaut occidental, est visité par plus d’un million de personnes par an.

Ce succès explique en partie pourquoi il existe aujourd’hui dans notre région un questionnement important sur les loisirs, et sur les portions de territoire qui leur sont consacrées.

Repenser le service aux touristes, rendre le tourisme plus durable ou plus « environnementalement correct », c’est d’abord selon moi cesser de tout concevoir en termes de retombées. OK, alors si on ne peut pas penser aux retombées, à quoi doit-on penser ? Oh, à bien des choses, jeune homme : par exemple, à ce que l’on peut offrir et à ce qui est déjà là.

Pour mieux comprendre cette affirmation sibylline, il ne vous reste plus qu’à visionner le montage.

L’objectif concret de ce Mardi [tabou] était de tester une grille de lecture pour mener un examen et faire des suggestions d’amélioration. La grille de lecture « Parcimonie - Patrimoine – Participation » qui avait servi à porter un regard critique sur le projet de texte du décret CoDT allait reprendre du service… et ainsi prouver son inadéquation ou son opérationnalité.

Je ne vous cache pas plus longtemps l’issue du test : oui, la grille des trois P est opérante, même pour un projet déjà construit. Elle permet de sortir des sempiternels chapitres d’étude d’incidences (bruit, rejets atmosphériques, comptages de trafic routier, etc.) sans tomber dans le chaos ni devenir inintelligible. A l’inverse, il apparaît même que ces trois volets ramassent l’analyse dans une approche plus ordonnée, plus systémique et moins absconse. Une analyse qui peut aller librement fouiller dans des zones que les études d’incidences n’étudient guère, comme le patrimoine ordinaire ou l’intensité d’usage.

Il faut cependant admettre que se pencher sur un site existant et lui appliquer des critères environnementaux est grandement facilité lorsque l’objet de l’examen (le parc Paradisio / Pairi-Daiza) dispose, via un plan communal dérogatoire, d’options et d’orientations très bien rédigées, et d’un net avantage en nature sur d’autres lieux. Faut-il vous faire un dessin ?


Bas-relief en pierre, la Cité des Immortels, Pairi-Daiza, 2016.

En savoir plus sur les trois piliers de l’analyse

Parcimonie : Épargne minutieuse, s’attachant aux petites choses. Au sens de l’aménagement du territoire, c’est notamment le fait d’user du sol de manière économe et mesurée, en le considérant comme une ressource finie qu’il faut ménager. L’Europe a élaboré à ce sujet spécifique une Directive-Cadre « Sols », qui attend adoption définitive.

Patrimoine : Naturel, culturel ou architectural, c’est un bien commun, à gérer « en bon père de famille » et à léguer aux générations futures. Trois conventions européennes s’y attachent : la Convention de La Valette, la Convention de Florence et la Convention de Faro.

Participation : Action de participer à quelque chose. Action de payer sa part. Association des citoyens aux décisions des pouvoirs en place. Dans l’optique environnementale, ce dernier aspect est un enjeu primordial défendu par la Convention d’Aarhus et par la Convention de Faro.

En illustration d’entrée : l’izba du Monde du Froid, Pairi-Daiza, 2016.




 
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