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La sale histoire du diesel (et de la voiture en général)
18 septembre 2017  •  Transport routier  •  Mobilité  •  Santé environnement

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En ce deuxième anniversaire du dieselgate, la fédération européenne Transport and Environment (T&E) publie un nouveau rapport intitulé « diesel : the true (dirty) story ». La grande complaisance des décideurs politiques face au lobby automobile est à la base de ce scandale sanitaire rappelle T&E. Rien ne semble hélas changer fondamentalement.

Le rapport de T&E rappelle combien la législation européenne (tant en matière de normes d’émissions que de surveillance de leur bonne application) est laxiste. Associée à des régimes fiscaux favorables au diesel, elle a permis à cette filière de se développer sans égards pour l’environnement et la santé. Avec des effets amplifiés par d’autres dispositions législatives. Ainsi, l’incorporation d’agrodiesel (dont le bilan social et environnemental est désastreux) rend aujourd’hui la filière diesel plus émettrice de CO2 que la filière essence, selon T&E.

Il apparaît donc que le diesel européen est pire que l’essence. Mais l’essence n’est malheureusement pas en reste. D’une part, les normes actuelles permettent aux moteurs à essence à injection directe d’émettre dix fois plus de particules très fines que les moteurs diesel. D’autre part, face à l’alignement des normes de particules à partir de 2018, la tentation sera grande pour les constructeurs de tricher. Les services de la Commission européenne ont déjà repéré une « stratégie auxiliaire de limitation des émissions » consistant à abaisser la taille des particules en-dessous de 23 nm pour rendre impossible leur détection par les systèmes de mesure actuels [1]. Ce qui, incidemment, les rend aussi beaucoup plus nocives…

Fondamentalement, l’histoire sale du diesel est l’histoire de notre addiction à l’automobile, l’histoire du laxisme politique face au lobby des constructeurs, l’histoire d’une dérive vers des voitures toujours plus lourdes et plus puissantes. Donc plus dangereuses, consommant plus d’énergie et plus polluantes. L’histoire, aussi, de la survalorisation des « solutions » technologiques – dont les agrocarburants constituent le pathétique emblème.

En cette semaine de la mobilité, IEW tient à rappeler que c’est un problème collectif d’addiction à l’automobile que nos sociétés doivent soigner. Au-delà des slogans sur la sortie du diesel, la véritable solution aux nombreux problèmes posés par le système automobile actuel réside dans la modération : limitation du parc automobile, du nombre de kilomètres roulés, de la taille, du poids et de la puissance des voitures [2] et sortie de la dépendance aux énergies sales [3].

Contact : Pierre Courbe, chargé de missions mobilité à la Fédération Inter-Environnement Wallonie +32 474 923 617


[1Commission européenne. Communication du 26/01/2017. Orientations pour l’évaluation des stratégies auxiliaires de limitation des émissions et de la présence de dispositifs d’invalidation, p. 9

[2voir notre dossier Lisa Car, la voiture de demain

[3Fossiles (pétrole, gaz, charbon), nucléaire, agrocarburants…



 
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