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Déchets nucléaires – Encore une bonne raison de fermer les centrales
Arnaud Collignon  •  2 novembre 2017  •  Nucléaire

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La question de savoir que faire des déchets nucléaires hautement radioactifs que produisent chaque jour nos réacteurs remonte à… la création des centrales. Une petite partie d’entre eux a été transportée vers le centre de traitement de la Hague, en France, et réacheminée en Belgique une fois traitée (avec le risque que ce transport comportait pour la population). Quant au reste, il est stocké dans une piscine sur le site de Tihange et dans un entrepôt à Doel en attendant de trouver une « meilleure » solution. Dernièrement Greenpeace dénonçait le fait que ces installations à haut risque ne jouissaient pas des mêmes niveaux de protection que les centrales proprement dites et étaient dès lors particulièrement vulnérables à un acte malveillant [1].

Comment en est-on arrivé là ? Malgré des décennies de recherches, il n’y a pas de consensus ni au point de vue scientifique, ni a fortiori au niveau politique sur la meilleure solution – pour autant qu’il y en ait réellement. Une chose est sûre : l’enfouissement n’est pas pour demain. Le directeur de l’ONDRAF, l’agence en charge de la gestion des déchets, Marc Demarche, estimait dans un entretien au journal le Standaard, que « les premier futs ne seraient pas enfouis avant 2040-2050 » [2]. En attendant, ils risquent donc de rester sur les sites nucléaires à quelques kilomètres de villes comme Liège, Namur ou Anvers.

Les enfouir ? Mais où ?

L’ONDRAF plaide pour un enfouissement dans une couche d’argile à 200 mètres de profondeur à Boom dans le Limbourg. Pas de chance, l’AFCN, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire a remis cette option en question en début d’année et estime qu’il faudrait analyser d’autres couches géologiques plus profondes, ce à quoi ont souscrit les ministres responsables, Kris Peeters (CD & V -Economie) et Marie Christine Marghem (MR –Energie). Retour à la case départ donc.

Rappelons l’enjeu ! Ces déchets doivent absolument être à distance de l’écosystème pour les dizaines de milliers d’années (voire des millions d’années pour certains) à venir sous peine de provoquer une catastrophe écologique. Une éternité donc. Sur des périodes aussi longues, l’enjeux n’est pas seulement de les stocker dans une couche géologique stable, mais aussi de prévoir l’évolution de la planète et de l’humanité – Quelle type de société avec quels moyens techniques ?...- Bref une mission impossible ou en tous cas hautement spéculative.

Show me the money

Une autre question cruciale est de savoir qui va payer. En Belgique, un fond spécial, le fond Synatom, a été constitué pour gérer les déchets issus de nos centrales nucléaires. Cinq milliards € y sont provisionnés pour cet usage. Sera-ce suffisant ? Bien malin qui peut répondre avec certitude à cette question.

L’ONDRAF estime le coût à 3,2 milliards € pour les enfouir à 200 mètres de profondeur. Et à 5 milliards € pour un enfouissement à 400 mètres… Mais ces prix ne sont que des estimations. Difficile en effet d’évaluer un tel chantier qui ne peut être que titanesque. Ce genre de travaux n’a presque jamais été réalisé auparavant. Seul un centre d’enfouissement a été ouvert aux USA en 1999, pour fermer en… 2014 (pas 250.000 ans après) suite à des effondrements… Il y a donc de (très) forte chance que l’état, et le contribuable qui le finance, ne doivent mettre la main à la poche.

On continue comme si de rien n’était ?

Les discussions sur le Pacte énergétique battent leur plein. L’enjeux en est simple : fermera-t-on nos centrales nucléaires en 2025 ou les prolongera-t-on de 10-20 ans ? Il nous restera donc ensuite à gérer les tonnes de déchets que l’aventure nucléaire nous a mis sur les épaules. Continuer à produire de telles bombes à retardement n’est-il pas tout simplement irresponsable ? Ce choix crucial nous engage par rapport aux centaines de générations d’humains qui nous succéderont sur cette planète.

Il est donc impératif de répondre à la consultation publique sur ce Pacte énergétique. Mais sans tarder car elle se termine le 5 novembre. Il est grand temps de dire à nos politiques à quel point, nous voulons sortir au plus tôt d’une production électrique nucléaire. A vos claviers donc ! IEW vous aide à y répondre !

Venez répondre à ce questionnaire ici




 
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