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Le gaz naturel est-il un allié ou un ennemi du climat ?
Arnaud Collignon  •  7 novembre 2017  •  Energie  •  Gaz à effet de serre / CO2

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Le gaz, une énergie fossile

Le gaz naturel est aujourd’hui paré de toutes les vertus. Il est présenté comme la solution aux changements climatiques car sa combustion émet approximativement moitié moins de CO2 que le charbon pour produire la même quantité d’énergie. C’est en partie vrai. Mais comme toujours il importe de ne pas trop se laisser emporter par les sirènes du lobby gazier. C’est en substance la conclusion du rapport rendu ces jours-ci par une université hollandaise et un centre de recherche britannique à la demande des Amis de la terre [1].

Si les émissions du gaz sont moins importantes, elles ne sont pas nulles. Or, selon une estimation réalisée par plusieurs ONGs, pour se mettre sur une trajectoire d’émissions de gaz à effet de serre compatible avec la promesse de Paris, l’UE devrait réduire ses émissions d’énergie de 95 % d’ici 2035 [2]. A ce jeu, les projets européens qui entendent développer le gaz au delà de 2050 apparaissent tout à fait incohérents.

Le méthane, gaz à effet de serre surpuissant

Mais le gaz est surtout un puissant gaz à effet de serre en lui-même, bien plus puissant que le CO2 (même si sa durée de vie dans l’atmosphère est plus courte). Une politique climatique digne de ce nom doit donc également évaluer les fuites de méthane au cours de son extraction, de son transport et de sa transformation. Au vu des nombreux rapports existants sur ce point, la question semble difficile. Ce qui paraît certains, c’est que ces émissions sont sous-évaluées par le secteur (pensez aux forages abandonnés, aux installations vétustes dans le fin fond de la Sibérie ou aux gazoducs parcourant des milliers de kilomètres). L’exemple le plus emblématique concerne sans doute le fameux gaz de schiste. Les fuites seraient 50 à 60 % supérieures aux chiffres officiels publiés par l’Agence américaine pour la protection de l’environnement…

Ne croyez pas aux solutions miracles

Les résultats de l’étude de Friends of the Earth devraient en tous les cas se retrouver sur la table de chevet de notre ministre belge de l’énergie, madame Marghem. Comme nous vous le racontions déjà dans une précédente nIEWs [3], la discussion bas son plein au niveau fédéral pour savoir si nous devons subsidier des nouvelles centrales électriques au gaz et si oui, en quelle quantité. Ce rapport nous rappelle donc que si les subsidier est sans doute inévitable à court terme, cela doit se faire uniquement en dernier recours et avec (la plus grande) parcimonie…

Pour plus d’infos : http://www.foeeurope.org/NoRoomForGas




 
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